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Fête de la Musique 2025 : un appel contribue à l’action du développement de l’Afrique créative

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Publié le :
vendredi 20 juin 2025

Fête de la Musique 2025 : un appel contribue à l’action du développement de l’Afrique créative

Le vendredi 20 juin 2025, à la veille de la Journée mondiale de la musique, un panel stratégique s’est tenu au Centre Sportif, Culturel et des TIC Ivoiro-Coréen Alassane Ouattara (CSCTICAO) autour du thème : « Musique, Digital et Développement ». Cette rencontre cruciale a sonné comme un cri d’alarme. Lequel cri a été une invitation pressante à penser l’avenir de la création africaine face à la déferlante numérique mondiale.

À l’initiative du directeur du centre, M. Remarck Abdoulaye Patrice, cet espace de dialogue a rassemblé des figures de proue du secteur culturel : Aristide Diko, opérateur culturel et producteur ; Mike Danon, directeur artistique ; Angélo Kabila, président de l’Aprodemci ; le professeur Ngoran Modeste de l’Université FHB ; et Koffi Harison du Burida. Tous, avec lucidité et conviction, ont décortiqué les mutations profondes qui bouleversent les fondements de la création artistique.

Au cœur des discussions : l’irruption de l’intelligence artificielle. Pour Aristide Diko, elle n’est pas une menace, mais une opportunité – à condition d’en garder la maîtrise. « L’IA me permet de gagner du temps, mais l’âme de l’œuvre reste humaine », a-t-il insisté. Pourtant, d’autres voix ont exprimé leurs inquiétudes : que deviennent les comédiens, les chanteurs, les artisans du son, si une machine peut reproduire leur voix à la perfection ? Au Canada, des limites ont déjà été posées. Et l’Afrique, elle, que fait-elle ?


L’urgence est là. Le droit d’auteur, comme l’a rappelé Koffi Harison du Burida, ne peut rester figé face à une technologie qui bouscule les notions mêmes d’auteur et d’œuvre. Des garde-fous doivent être pensés, des outils de protection renforcés. Car derrière l’innovation, il y a des vies, des métiers, des héritages culturels à préserver.

Mais ce panel a aussi ouvert des perspectives audacieuses. Une idée forte a jailli : il est temps de créer nos propres intelligences artificielles, ancrées dans nos langues, nos rythmes, nos imaginaires. « Nous utilisons des outils venus d’ailleurs. Il faut bâtir une IA africaine, avec nos données et nos références », a lancé un intervenant. Une proposition visionnaire, qui dépasse le simple enjeu technologique pour poser les bases d’une véritable souveraineté culturelle.

La rencontre s’est achevée par un concert, comme une affirmation artistique de ce que le débat avait révélé : l’Afrique n’a pas à subir l’innovation, elle doit en devenir actrice, avec des artistes formés, protégés, et au cœur des stratégies de développement.

Le message est clair : à l’heure du numérique, il ne suffit pas de célébrer la musique. Il faut repenser sa production, sa diffusion, son appropriation. Et surtout, il faut défendre ceux qui la créent.

Tadina Christina

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Ivoireinter

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