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Exposition “Là-bas…” de Soro Zana et Daouda Traoré: deux artistes, deux trajectoires, une même quête de sens

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Publié le :
jeudi 17 juillet 2025

Exposition “Là-bas…” de Soro Zana et Daouda Traoré: deux artistes, deux trajectoires, une même quête de sens

“Là-bas…”, c’est le nom donné à l’exposition-odyssée qui a  réuni le jeudi 17 juillet 2025 à la Rotonde des Arts d’Abidjan-Plateau dans le cadre du vernissage, les artistes Soro Zana et Daouda Traoré. Cette rencontre  qui s’étale  jusqu’au 16 août 2025 offre une immersion dans deux univers singuliers, réunis par un même désir. Celui  de comprendre, de transmettre et de créer des ponts entre les cultures et les générations. Ce, sous le regard exigeant du professeur Yacouba Konaté, critique d’art, Directeur général de La Rotonde des Arts d’Abidjan  et commissaire de l’événement.

Le vernissage a rassemblé des artistes, des critiques, des curieux et des passionnés. Mais au-delà de l’événement culturel, c’est un acte politique, presque militant, que cette exposition incarne.  Sur les murs blancs accueillant  des fragments de vie, des éclats de mémoire et des visions d’avenir, des œuvres qui n’ont rien de silencieux, mais  parlent fort. Notamment du départ, de l’ancrage, de la ville qui dévore et de la culture qui sauve. Le professeur Konaté l’énonce d’une voix posée.


 « ''Là-bas...'', c’est le voyage, mais aussi l’itinérance intérieure, spirituelle et culturelle.  Et ce “là-bas”, c’est autant le Nord migratoire que les ruelles d’Abidjan ou de Bamako. C’est un point d’interrogation dessiné sur chaque toile, chaque sculpture, chaque assemblage. Notre responsabilité, c’est de ne pas désespérer de nos jeunes. Et surtout, de ne pas les désespérer. »,  a expliqué M. Konaté. Ses phrases sonnent comme un manifeste, en écho aux œuvres. « Zana travaille sur la mémoire, le patrimoine. Daouda interroge l’énergie urbaine et ses contradictions », résume le professeur Konaté. Pour lui, le dialogue est fécond, la tension créatrice. À travers eux, c’est toute une jeunesse africaine qui, dit-il, questionne son devenir, entre traditions en mutation et modernité brutale.


A ses  côtés, Soro Zana, Ivoirien du Nord installé au Canada, professeur et plasticien, tisse ses souvenirs avec les matériaux du présent : tissus traditionnels, bouts de métal, fragments de bois, textures mêlées comme les identités. « L’immigration n’est pas qu’un départ, c’est un projet, » dit-il. Un projet d’équilibre entre racines et réinvention. Ses œuvres évoquent la mémoire des anciens, mais aussi l’ouverture à l’autre, à l’imparfait, à l’altérité assumée.


Non loin de lui, Daouda Traoré, enfant du pays, habille l’Afrique urbaine de son regard tendre et lucide. Ses installations à base d’objets de récupération dont les roues de motos, fer rouillé, plastique usé,  parlent de débrouille, de dignité et de survie, mais aussi d’espoir. « Je donne une seconde vie à ce qu’on jette, comme on devrait le faire avec les êtres humains, » lance-t-il, droit dans ses convictions. Artiste, enseignant, musicien, Daouda refuse les silos. Il assemble les formes, les sons et les mots dans un même geste poétique et politique.

Les deux hommes n’ont pas le même “là-bas”, mais ils portent chacun, un monde sur le dos. Un monde à dire, à transmettre.

Tadina Christina

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Ivoireinter

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